Quand le début d’année fatigue au lieu de motiver
- Nadya Chaffaut
- il y a 5 jours
- 2 min de lecture
Le début d’année réactive des attentes inconscientes, des bilans forcés, des loyautés invisibles… et parfois une grande lassitude.

Le début d’année est censé être un élan.
Un renouveau.
Un moment pour repartir sur de bonnes bases.
Et pourtant, pour beaucoup, janvier arrive avec autre chose :
une fatigue sourde, une perte d’élan, parfois même une forme de découragement difficile à expliquer.
Alors on se demande :
Pourquoi je ne ressens rien ?
Pourquoi je n’ai pas envie ?
Pourquoi je me sens déjà épuisé alors que l’année commence à peine ?
Le mythe du renouveau obligatoire
Socialement, le début d’année est chargé d’attentes :
faire le bilan, prendre des résolutions, se projeter, se transformer.
Mais le psychisme ne fonctionne pas selon le calendrier.
Il a son propre rythme, souvent plus lent, parfois désaccordé des injonctions extérieures.
Quand l’élan n’est pas là, ce n’est pas un défaut de volonté.
C’est souvent le signe d’un désajustement entre ce que l’on attend de soi et ce que l’on peut réellement porter.
Pourquoi janvier est psychiquement éprouvant
Le début d’année agit comme un révélateur.
Il remet sous les projecteurs :
ce qui n’a pas changé malgré les efforts
ce qui a été tenu à bout de bras
ce qui n’est plus vraiment supportable, mais encore maintenu par habitude
Après les fêtes, les masques tombent.
L’agitation retombe.
Et ce qui reste, parfois, c’est une grande lassitude intérieure.
Cette fatigue n’est pas forcément physique.
Elle est souvent émotionnelle et psychique.
Quand la fatigue est un message
Le psychisme n’aime pas les bilans forcés.
Il résiste quand on lui demande d’aller vite là où quelque chose a besoin de temps.
Se sentir vidé en début d’année peut être une manière de dire :
je ne peux plus continuer comme avant
certaines stratégies ne fonctionnent plus
je tiens encore, mais à quel prix ?
La fatigue devient alors un langage.
Un signal discret, mais insistant.
Ce que l’on confond souvent
On confond fatigue et paresse.
Manque d’élan et manque d’envie.
Ralentissement et échec.
Alors qu’en réalité, le début d’année est parfois un moment de tri intérieur.
Le psychisme fait le point, non pas sur ce qu’il veut accomplir, mais sur ce qu’il ne peut plus supporter.
Et si janvier n’était pas un départ, mais une pause ?
Tout n’a pas besoin d’être décidé en janvier.
Tout n’a pas besoin d’être clair.
Tout n’a pas besoin de changer tout de suite.
Parfois, le mouvement commence par une autorisation :
celle de ne pas savoir,
celle de ne pas forcer,
celle d’écouter ce qui fatigue plutôt que de le faire taire.
Le changement durable ne naît pas sous la pression.
Il naît quand le rythme extérieur cesse d’écraser le rythme intérieur.
Accueillir ce moment plutôt que le combattre
Se sentir à contretemps en début d’année ne signifie pas être en retard.
Cela signifie souvent être en train de réajuster quelque chose de profond.
Et si ce mois de janvier ne vous demandait pas d’être meilleur,
mais simplement plus attentif à vous-même ?
Quand le début d’année fatigue au lieu de motiver,
ce n’est pas un manque d’élan.
C’est parfois un excès de loyauté à ce qui ne vous correspond plus.
Écouter cette fatigue, ce n’est pas renoncer.
C’est peut-être, enfin, commencer autrement.









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