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Plus je regarde les autres, moins j'agis...

une carte mentale de tout ce qu'on peut regrouper dans notre cerveau d'informations à traiter et la saturation que cela peut représenter.

Les réseaux sociaux et l’infini des possibles qu'ils représentent… mais aussi l’impossibilité d’agir parfois !


Les réseaux sociaux occupent aujourd’hui une place ambivalente dans nos vies. Ils peuvent inspirer, informer, relier, ouvrir des horizons. Mais ils peuvent aussi produire un effet plus discret, plus intime : celui de disperser l’élan intérieur.


Derrière l’impression de liberté qu’ils procurent, se cache parfois une difficulté croissante à choisir, à s’engager, à construire quelque chose dans la durée.


Quand tout semble possible, rien ne commence vraiment


En quelques minutes de navigation, une personne peut imaginer :

changer de métier

créer une entreprise

partir vivre ailleurs

apprendre une compétence

transformer son corps

devenir visible

recommencer sa vie autrement


Chaque contenu propose une nouvelle possibilité.


Le problème n’est pas l’existence de ces idées.

Le problème est leur accumulation.


À force d’être exposé à des trajectoires multiples, l’esprit peut rester suspendu dans un espace de projection permanente. On pense beaucoup. On imagine beaucoup. On commence peu.


Choisir, c’est aussi renoncer


Psychiquement, choisir n’est jamais un simple acte pratique.


Choisir implique :

fermer d’autres portes

accepter de ne pas tout vivre

renoncer à certaines versions de soi

risquer l’erreur

supporter les limites du réel


C’est pourquoi certaines personnes préfèrent inconsciemment rester dans le champ du possible plutôt que d’entrer dans le réel.


Tant que rien n’est choisi, tout semble encore accessible.

Le rêve protège parfois davantage que l’action.

La saturation mentale crée une inertie


Le flux incessant des réseaux ne fatigue pas seulement l’attention. Il fatigue aussi la capacité d’élaboration intérieure.


À force de recevoir :

des idées

des conseils

des envies

des comparaisons

des modèles de réussite


… l’énergie psychique se disperse.


On se sent stimulé, mais pas mobilisé.

Occupé, mais pas avancé.

Inspiré, mais pas transformé.


C’est une forme d’inertie moderne : beaucoup de mouvement apparent, peu de mise en acte.


Et du côté des créateurs de contenu ?

On pourrait croire que ceux qui publient échappent au problème. En réalité, ils rencontrent une autre tension.


Créer sur les réseaux demande souvent de :

publier régulièrement

capter l’attention rapidement

répondre aux codes de la plateforme

analyser ce qui fonctionne

rester visible

interagir sans cesse


Le créateur risque alors de transformer son élan personnel en performance continue.


Il ne crée plus seulement depuis un désir.

Il crée aussi pour rester repérable.


L’algorithme aime le simple, l’humain est complexe.


Les plateformes valorisent généralement ce qui est :

clair

identifiable

répétitif

catégorisable


Or une personne réelle est souvent :

multiple

changeante

contradictoire

traversée par plusieurs élans


C’est là qu’apparaît un malaise fréquent : avoir l’impression qu’il faudrait se réduire pour exister en ligne.


Comme s’il fallait choisir une seule case pour être visible.


Faut-il quitter les réseaux sociaux ?

La vraie question n’est peut-être pas celle-là.


Il s’agit plutôt de se demander :

Est-ce que les réseaux me servent, ou m’absorbent ?

Est-ce qu’ils nourrissent mon action, ou la remplacent ?

Est-ce que je m’y exprime, ou est-ce que je m’y disperse ?

Est-ce que je les utilise comme outil, ou comme refuge dans le possible ?

Retrouver une position plus libre


Il ne s’agit pas forcément de tout quitter.


Il s’agit parfois de retrouver :

un cap principal

des temps sans exposition au flux

une hiérarchie entre ses envies

la capacité de choisir sans tout garder ouvert

le droit d’être multiple sans tout montrer partout


Une personne n’est pas un algorithme.

Elle n’a pas à se résumer pour exister.


Mais elle a parfois besoin de simplifier provisoirement ses choix pour avancer réellement.


Les réseaux sociaux donnent accès à mille vies possibles.

Ils élargissent l’horizon, mais un horizon n’est pas un chemin.

Voir ce qui existe ailleurs peut inspirer.

Y rester sans cesse exposé peut aussi éloigner de sa propre direction.

Une vie ne se construit pas en accumulant des options, mais en donnant de la consistance à quelques choix.

Il n’est pas nécessaire de tout explorer pour avancer.

Il est parfois plus fécond d’approfondir que de multiplier pour ne pas se perdre soi-même.


un engin type clark en jouet porte des cubes aux lettres indiquant choose pour signifier que le choix est ce qui permet d'agir

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