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Pourquoi on ne lit plus

Dernière mise à jour : 12 févr.

une femme en talons aiguille rouges posée sur une pile de vieux livres et lit un livre psychologie brignoles

N'entendez-vous pas régulièrement :

« Je n’arrive plus à lire. »

Pas par manque d’envie.

Pas par manque d’intérêt.

Mais comme si quelque chose résistait à l’intérieur.


Le livre est là.

L’envie aussi.

Et pourtant, au bout de quelques lignes, l’esprit s’échappe, la main cherche le téléphone, l’attention se fragmente.


Ce n’est pas anodin.

Et ce n’est pas une question de volonté.


Lire demande quelque chose devenu rare : rester

Lire, ce n’est pas seulement déchiffrer des mots.

Lire, c’est accepter de ralentir.

De rester avec une phrase.

De traverser un passage moins stimulant.

De laisser une idée faire son chemin.


À l’inverse, le scrolling propose une promesse permanente :

du nouveau, tout de suite, sans effort.


Chaque geste vers l’écran apporte une micro-stimulation. Une image, une vidéo, une information, puis une autre. Le cerveau n’a pas à attendre, pas à imaginer, pas à symboliser. Tout est déjà là.


Peu à peu, il apprend.

Il apprend que rester coûte plus que zapper.

Il apprend que l’effort peut être évité.

Il apprend que l’ennui est inutile.


Ce que le scrolling fait au cerveau (et à la psyché)

Le scrolling n’est pas neutre.

Il façonne notre manière de penser.


Sur le plan cognitif, il fragmente l’attention. Le cerveau saute d’un contenu à l’autre sans jamais s’installer. La mémoire profonde diminue, non parce que nous serions moins capables, mais parce que nous ne la sollicitons plus de la même façon.


Sur le plan psychique, quelque chose d’encore plus subtil se joue.

Scroller, c’est souvent éviter le vide.

Éviter le silence.

Éviter ce qui pourrait émerger si rien ne venait remplir l’espace.


Lire, au contraire, ouvre un espace intérieur.

Et cet espace peut être inconfortable.

Il laisse remonter des émotions, des questions, parfois une agitation.

Alors le téléphone devient une sortie de secours.


« Je n’arrive plus à lire » n’est pas une plainte anodine

Derrière cette phrase, on entend souvent autre chose :

  • une fatigue mentale diffuse

  • une difficulté à se concentrer

  • une impression de saturation

  • parfois un rapport anxieux au temps


Lire demande une disponibilité psychique.

Or beaucoup vivent dans un état de tension permanente, même au repos.


Le paradoxe est là : plus nous scrollons pour nous détendre, plus l’accès à la détente profonde se complique.


Ce que la lecture permet encore

Lire, ce n’est pas un loisir comme un autre.

C’est un acte psychique.


Lire aide à :

  • organiser la pensée

  • symboliser les émotions

  • mettre du sens là où il n’y avait que du ressenti brut

  • développer une relation plus stable au temps


Quand la lecture disparaît, ce n’est pas seulement une habitude culturelle qui se perd.

C’est un espace de transformation intérieure qui se rétrécit.


Sortir de l’engrenage sans se violenter

Il ne s’agit pas de diaboliser les écrans.

Ni de se forcer à lire coûte que coûte.


La question n’est pas : « Comment lire plus ? »

Mais plutôt : « Qu’est-ce qui m’empêche de rester ? »


Revenir à la lecture peut commencer très petit :

quelques pages, sans objectif, sans performance.

Un moment sans téléphone à portée de main.

Un temps accepté comme lent.


Accepter l’ennui est souvent la première étape.

Non pas comme un manque, mais comme un seuil.


Lire comme acte de résistance douce

Dans un monde qui accélère, lire est presque un acte de résistance.

Résister à la dispersion.

Résister à l’immédiateté.

Résister à l’idée que tout doit être rapide, simple, efficace.


Lire, ce n’est pas revenir en arrière.

C’est réouvrir un espace où la pensée peut respirer.


Si lire est devenu difficile, ce n’est pas un défaut à corriger,

mais un message à écouter : quelque chose en soi a besoin de plus de présence que de stimulation.




deux livres posés sur une table avec des lunettes une bougie allumée et une décoration plume therapie a brignoles

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