Un petit côté obsessionnel en chacun de nous : à quoi ça sert vraiment ?
- Nadya Chaffaut
- il y a 10 heures
- 2 min de lecture

Nous avons tous, à des degrés divers, des pensées qui reviennent en boucle, des gestes répétés, un besoin de vérifier, d’anticiper ou de contrôler.
Repenser une conversation, vérifier plusieurs fois une porte, anticiper le pire, avoir du mal à lâcher prise.
Ces manifestations sont souvent vécues comme des défauts, voire comme des signes inquiétants.
Pourtant, d’un point de vue psychique, elles ont une fonction précise.
👉 Le côté obsessionnel n’est pas une anomalie : c’est une tentative d’équilibre interne.
Un mécanisme ancien, profondément humain
Le fonctionnement obsessionnel apparaît généralement tôt dans la vie.
Il se met en place lorsque le psychisme est confronté à une angoisse qu’il ne peut pas encore symboliser, c’est-à-dire mettre en mots.
Face à cette angoisse, le sujet cherche une solution.
Il répète, il contrôle, il pense sans cesse.
Non pas par plaisir, mais pour éviter un débordement émotionnel.
Dans cette perspective, l’obsession n’est pas le problème.
Elle est la réponse trouvée par le psychisme pour survivre psychiquement à un moment donné.
Comment fonctionne le côté obsessionnel ?
Le fonctionnement obsessionnel repose sur trois mécanismes principaux :
La répétition : refaire, revérifier, ruminer pour apaiser l’angoisse
Le contrôle : tenter de maîtriser l’imprévisible
L’anticipation : penser tous les scénarios possibles pour ne pas être surpris
À court terme, ces mécanismes rassurent.
Ils donnent une impression de maîtrise, de sécurité, de solidité interne.
À long terme, lorsqu’ils deviennent rigides, ils peuvent enfermer le sujet dans une fatigue mentale constante.
Des exemples au quotidien
Le côté obsessionnel se manifeste souvent de façon très ordinaire :
Rejouer mentalement une discussion encore et encore
Avoir besoin que tout soit parfaitement organisé
Ne pas supporter l’incertitude
Se sentir excessivement responsable
Craindre de mal faire ou de décevoir
Ces comportements ne sont pas pathologiques en soi.
Ils deviennent questionnants lorsqu’ils prennent toute la place et empêchent la spontanéité, le plaisir ou le lien aux autres.
À quoi ça sert, au fond ?
Le fonctionnement obsessionnel sert à une chose essentielle :
👉 mettre à distance une angoisse plus profonde.
Il agit comme un pare-feu psychique.
Il évite le contact direct avec des affects difficiles : peur, colère, tristesse, sentiment de vide ou d’impuissance.
Autrement dit, ce que l’on contrôle à l’extérieur permet souvent d’éviter ce qui déborde à l’intérieur.
Pourquoi est-il important de le questionner ?
Se questionner ne signifie pas supprimer ces mécanismes.
Cela signifie en comprendre le sens.
Derrière toute obsession, il y a des questions implicites :
Que se passerait-il si je lâchais ?
Qu’est-ce que je cherche à éviter ?
De quoi ai-je peur si je ne contrôle plus ?
Lorsque ces questions peuvent être pensées et mises en mots, le fonctionnement obsessionnel s’assouplit naturellement.
De la rigidité à la souplesse
L’objectif n’est pas d’éradiquer le côté obsessionnel.
Il fait partie de l’histoire psychique de chacun.
L’enjeu est de passer d’un fonctionnement rigide à un fonctionnement plus souple, où le contrôle n’est plus la seule réponse possible à l’angoisse.
C’est souvent dans un espace d’écoute et de parole que ce déplacement devient possible.
Ce petit côté obsessionnel que nous portons tous mérite d’être regardé autrement.
Non comme un défaut à corriger, mais comme un message à décrypter.
Comprendre ce qu’il protège ouvre la voie à une relation plus apaisée avec soi-même — et avec les autres.









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