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Pourquoi l’enfant fait des crises pour des choses insignifiantes ?

enfant en colère déchire une feuille et serre un stylo bleu, il explore son impulsivité en séance de psychologie à Brignoles

En cabinet, la scène revient souvent.

Un parent raconte une crise survenue pour une chaussette mal mise, un verre de la mauvaise couleur, une porte refermée trop vite. Le récit commence parfois par un soupir, parfois par une gêne :

« Ce n’était rien… et pourtant. »

Ce qui se dit là, déjà, c’est que quelque chose déborde.


L’enfant crie, se roule au sol, hurle comme si le monde venait de se fissurer.

L’adulte regarde, démuni.

Il cherche le lien logique.

Il ne le trouve pas.

Alors il se demande ce qui cloche.

Chez l’enfant. Ou chez lui.


Dans la crise, il y a rarement l’objet.

La chaussette n’est qu’un point d’appui.

Un déclencheur minuscule pour quelque chose de beaucoup plus vaste.

Ce qui surgit, c’est souvent un trop-plein qui n’a pas encore trouvé de mots. Une tension accumulée, un affect sans contour, une fatigue ancienne, parfois même un chagrin sans histoire racontable.


L’enfant ne ment pas quand il s’effondre.

Il ne joue pas une comédie. Son corps parle avant lui. Il parle fort, parce que personne, en lui, ne sait encore comment murmurer ce qui fait mal. La crise devient alors une langue primitive : directe, envahissante, parfois violente. Une langue sans ponctuation.


En séance, certains enfants ne parlent pas de leurs colères.

Ils jouent.

Ils cassent.

Ils répètent.

Ils demandent puis refusent.

Ils recommencent.

Ce qui frappe, c’est la précision de l’instant où tout bascule.

Un regard qui se détourne.

Une attente trop longue.

Une règle qui arrive alors que le dedans est déjà plein.

L’enfant n’explique pas. Il montre.


À demi-mot, quelque chose se dit souvent :

la difficulté à supporter la frustration, oui,

mais aussi la peur de perdre le lien,

l’angoisse de ne pas être entendu à temps,

ou celle de devoir grandir plus vite que ce que l’on peut contenir.


Dans le quotidien, ces crises sont parfois qualifiées d’excessives, théâtrales, épuisantes.

Elles le sont.

Mais elles sont aussi des tentatives. Des tentatives pour maintenir une continuité intérieure quand quelque chose menace de se disloquer.

Pour rester en lien quand les mots manquent.

Pour dire « là, c’est trop » sans savoir encore ce que trop veut dire.


Pourquoi ce thème mérite-t-il d’être questionné en analyse ?

Parce que derrière l’insignifiant se cache souvent l’essentiel.

Parce que la crise dérange moins par son volume que par ce qu’elle réveille chez l’adulte : l’impuissance, la colère, parfois une vieille honte d’avoir, soi aussi, débordé un jour sans être compris.


En analyse, ces scènes deviennent des portes.

On ne cherche pas à les faire taire.

On les écoute autrement.

On laisse apparaître ce qui, jusque-là, n’avait trouvé que le cri pour exister.


Et souvent, quelque chose se dépose. Lentement. Sans bruit.

Pas sous la forme d'une solution.

Mais d'un déplacement.



fillette avec un ourson en séance de psychothérapie à Bringoles

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