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Aimer, est-ce forcément souffrir ?

un coeur rouge sur le sol qui est brisé aimer et souffir à découvrir en psychothérapie à brignoles

En séance, la question arrive rarement telle quelle.

Elle se glisse autrement.

Dans une phrase coupée.

Dans un sourire qui se retire au moment même où quelque chose de tendre se dit.


« J’aime, mais… »

Le “mais” prend toute la place.


Aimer semble réveiller une inquiétude ancienne.

Comme si, dès que l’attachement se tissait, quelque chose d’autre se préparait déjà :

la perte, l’abandon, la déception, parfois même la disparition.

L’amour n’est pas seulement une promesse.

Il est aussi une exposition.


Beaucoup ont appris très tôt que s’attacher avait un prix.

Un parent instable.

Un amour conditionnel.

Une présence qui se retirait sans prévenir.

Alors le lien devient à la fois désiré et redouté.

On s’approche, puis on se retient.

On donne, mais à moitié.

On aime sous surveillance.


En cabinet, cela se répète avec une précision troublante.

Quelqu’un parle d’un partenaire, d’un enfant, d’un parent…

La voix s’adoucit, puis se durcit.

Comme si aimer demandait de se blinder.

Comme si la vulnérabilité devait être contenue, maîtrisée, parfois niée.


Il y a ceux qui aiment trop vite, trop fort.

Et ceux qui attendent que l’autre aime d’abord.

Ceux qui testent.

Ceux qui se retirent dès que ça compte.

Ceux qui confondent intensité et danger.

Ceux qui confondent distance et sécurité.


Dans le quotidien, cela s’entend dans des phrases banales :

« Je préfère ne pas m’attacher. »

« Je sais déjà comment ça finit. »

« Quand on aime, on souffre toujours. »


Comme si la souffrance devenait la preuve de l’amour.

Ou son destin inévitable.


Mais cette équation mérite d’être déplacée.

Non pour être corrigée.

Plutôt pour être regardée de près.

D’où vient-elle ?

À quoi a-t-elle servi ?

Que protège-t-elle encore ?


En analyse, cette question ouvre un espace particulier.

Un lieu où l’on peut sentir ce qui, dans l’amour, fait peur.

Ce qui réveille des pertes anciennes.

Ce qui remet en jeu la dépendance, l’attente, le manque.


Aimer rend vulnérable, oui.

Mais la souffrance n’est pas toujours là où on croit.

Parfois, elle est déjà installée bien avant le lien.

Et l’amour ne fait que la révéler.


Parce que certains liens font souffrir.

Et que certains évitements aussi.

Parce que l’ambivalence fait partie du vivant.

Et que l’amour n’échappe pas à cette complexité.


écouter aussi le podcast

deux doigts avec yeux et bouche dessinés un coeur collé rouge sous un parapluie pour protéger l'amour de la souffrance en psychanalyse à Brignoles

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